STUDIO MARLOT & CHOPARD

     
 



photographies / photographs



chimÈres (2011-2019)
 
 

A propos de la série

 

Les Chimères viennent s’inscrire dans la lignée des séries en noir et blanc réalisées depuis 2006 par le studio Marlot & Chopard.

Mêlant des images argentiques et numériques dans des scènes fantastiques à l’aspect nocturne qui peuvent faire penser à autant de dioramas tout droit sortis d’un rêve, cette série poursuit les thèmes précédemment abordés avec les Black houses qui présentent des vues faussement nocturnes en plongée de pavillons, la série Vitrines dont les objets semblent sortis d’un cabinet de curiosités où la vie se trouve figée dans des mises en scène improbables et de celle des Souvenirs d’Italie qui ramène à la mémoire des lieux et à leur représentation bien plus qu’au lieu lui-même.
Cette série trouve également son origine dans 5 photographies argentiques prises de nuit en hiver 2011, représentant des éléments d’architecture agrémentés d’un bestiaire fantastique et de figures inquiétantes dont la Faucheuse qui guette le jeune berger du Monument à Pasteur d’Alexandre Falguière, place de Breteuil et l’une des chimères ailées d’Henri-Alfred Jacquemart qui crache de l’eau à la fontaine Saint-Michel.
Ces premières photographies ont alors donné lieu à l’élaboration d’un ensemble de 22 images entièrement recomposées à partir de prises de vues argentiques et numériques multiples, puisées dans les archives du studio Marlot & Chopard, parmi des milliers de photographies prises ces dernières années autour de thématiques récurrentes.
Par cette re-construction fantasmagorique des espaces comme de ses occupants, chaque image de la série, élaborée à partir de photographies de provenances diverses (architecture, paysage, animaux vivants ou naturalisés, squelettes de différentes espèces, notamment disparues, sculpture ou peinture) prend alors un aspect fantastique et devient elle-même par son caractère hybride, une sorte de chimère photographique.
Cette série joue sur la superposition et la juxtaposition de strates temporelles en mettant en scène dans une même image des photographies prises à divers moments et représentant tant des espaces urbains qui se trouvent recouverts par une nature qui aurait pu se trouver là avant l’urbanisation ou pourrait s’y trouver si ces espaces étaient abandonnés par l’homme, que des espèces animales, dont certaines éteintes, photographiées dans divers muséums, mêlant le mort au vivant comme si toutes les époques qui constituent l’histoire d’un lieu se retrouvaient soudainement présentes au même moment dans une seule image. Mêlant passé, présent et futur dans une même vision, chaque Chimère nous donne l’image de la transformation perpétuelle des espaces et du vivant.
Au delà de la juxtaposition d’espaces et de temporalités, la série des Chimères joue sur la coexistence de différents degrés de réalités en mêlant diverses formes de représentation du réel. Le monde de l’imaginaire et du mythe se mêle alors au vivant pour re-créer un microcosme, un petit théâtre dont les objets inanimés reprennent vie. Dans chaque image la sculpture d’inspiration religieuse ou mythique, côtoie des squelettes de muséums, des animaux empaillés imitant le vivant et des animaux vivants exposés dans des zoos comme des objets, ainsi que différentes formes de représentations humaines à travers la peinture et la sculpture.
Par sa mise en scène, chaque image donne vie à un univers recomposé qui vient interroger notre conception de la réalité dans le prisme de ses représentations, mais aussi ce qui fait qu’un lieu trouve son unité dans cet assemblage complexe alliant Histoire, réminiscences, croyances, mythes ou culture, tout ce qui fait sens et qui donne à un lieu son épaisseur, sa cohérence, son identité propre.
Pour autant, l’interprétation des images n’est pas figée, chaque Chimère regorge de détails plus ou moins visibles qui viennent incliner le sens de sa lecture dans des directions diverses, nous faisant emprunter ainsi le cheminement d’une logique propre aux rêves.
Images rêvées, recomposées, les Chimères nous offrent alors d’étranges dioramas mais aussi une réflexion sur nos perceptions de la réalité, du temps, de la vie et de la mort.

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Spécifications techniques

 
Chimères (2011) : Ensemble de 6 photographies noir et blanc, tirage type chromogène, 76 x 100 cm,
édition: 3 + 1 E.A.
Chimères (2019) : Ensemble de 22 photographies noir et blanc, tirage jet d’encre pigmentaire sur papier Murakumo blanc 42 g, 49 x 65 cm, édition: 3 + 1 E.A.
 

Expositions

 
La Ronde #5, Muséum d’Histoire naturelle, Rouen, 2020
 

About the series

 
Watch the complete series on Issuu [link]
 

Technical specifications

 
Chimères (2019) : Series of 22 black and white photographs, ink jet print on white Murakamo paper 42 g, 19,25 x 29,59 inches, edition of 3 and 1 A.P.

Chimères (2011) : Series of 6 black and white photographs, chromogenic print, 30 x 39,37 inches, edition of 3 and 1 A.P.
 

Exhibition

 
La Ronde #5, Muséum d’Histoire naturelle, Rouen, 2020
 


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